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Le Muséum d’histoire naturelle du Havre : n’attendez pas qu’il pleuve pour y aller !

C’est sur l’impulsion de l’Office de tourisme que nous avons récemment poussé les portes du Muséum d’histoire naturelle du Havre. Une véritable découverte pour nous, au Clos Delamare.

Il faut bien l’avouer : nous ne sommes pas spontanément très attirés par les fossiles, et l’expression « muséum d’histoire naturelle » réveille encore chez nous le souvenir un peu vague de vitrines poussiéreuses, d’animaux empaillés et de cours de SVT pas toujours passionnants. 🫢

Nous nous trompions complètement.

Dès l’entrée, le lieu nous a surpris par son ampleur, sa lumière et sa scénographie. Après trois années de travaux, le Muséum a été entièrement repensé : il est aujourd’hui agréable, vivant, pédagogique, souvent ludique et parfois même spectaculaire.

Nous en sommes ressortis enthousiastes et convaincus que cette visite devait désormais faire partie des activités que nous recommandons aux familles séjournant au Clos Delamare. Mais le Muséum ne s’adresse pas seulement aux enfants : les adultes venus sans eux peuvent largement y trouver leur compte.



Un musée rénové et réellement pensé pour les familles


Le Muséum a rouvert ses portes en décembre 2025 après une importante rénovation. Les espaces sont vastes, lumineux et fonctionnels. L’installation d’un ascenseur permet désormais d’accéder facilement aux différents niveaux, tandis que la climatisation assure de meilleures conditions de conservation aux collections.


Le parcours permanent est clairement organisé. On passe d’une salle consacrée aux animaux actuels à celle des fossiles, avant de découvrir l’évolution de l’être humain, la minéralogie ou encore les arts graphiques.

La visite a aussi été conçue pour différents âges. Des livrets gratuits sont proposés aux plus petits, aux enfants plus âgés et même aux adultes. On trouve également des espaces où s’installer pour dessiner et prendre le temps d’observer.


Une salle entière est réservée aux enfants de 3 à 5 ans. Dans cette « forêt normande », on enlève ses chaussures, on explore, on manipule et on peut même se déguiser en animal. Ici, les jeunes visiteurs ne sont pas simplement invités à suivre les adultes en silence : ils disposent d’un véritable espace à leur échelle, conçu pour vivre la nature par le jeu et l’imagination.


Un musée très pédagogique et ludique


C’est ce qui nous a plu, d’ailleurs : la visite ne consiste jamais seulement à regarder des objets derrière une vitre. Grands comme petits, on touche, on observe, on manipule et on réfléchit. Les dispositifs nous interpellent régulièrement : on nous pose une question, on bouscule nos idées reçues… puis on découvre une explication. Et c’est toujours très accessible.


Animaux actuels et biodiversité


On s’est particulièrement attardé dans la salle consacrée aux animaux actuels. Elle rassemble oiseaux, mammifères, animaux marins et insectes. Les animaux naturalisés sont présentés très loin de l’image vieillotte que l’on pouvait en avoir. Ils ne sont pas alignés dans des vitrines sombres : ils prennent place dans une scénographie dynamique, qui attire le regard et permet de mieux observer leurs formes, leurs attitudes et leurs particularités.


On croise aussi dans cette salle des phasmes vivants et une ruche installée au Muséum depuis de nombreuses années : cela ne manque pas de fasciner, quel que soit notre âge. 


L’évolution humaine sans la traditionnelle file indienne

Ensuite, la salle consacrée à l’évolution de l’être humain remet elle aussi en cause quelques représentations bien installées. 

Un grand mur de crânes appartenant au genre Homo montre immédiatement que notre évolution n’a rien d’une progression régulière, allant d’un singe courbé vers un humain parfaitement droit. Les singes actuels ne sont en effet pas nos ancêtres. Plusieurs espèces humaines ont coexisté. Certaines lignées se sont éteintes tandis que d’autres ont poursuivi leur évolution. On parle donc d’une évolution « buissonnante », beaucoup plus complexe que la frise linéaire qu'on a tous en tête.


En quelques dispositifs bien conçus, la salle réussit ainsi à rendre compréhensible une histoire particulièrement complexe.


Une Normandie tropicale peuplée de reptiles marins


On a poursuivi notre parcours dans la salle des fossiles, qui nous transporte environ 150 millions d’années en arrière.


On apprend qu’à cette époque, une grande partie de la Normandie était recouverte par une mer chaude, sous un climat tropical (va-t-on bientôt retrouver ce climat ?). On y trouvait de nombreuses espèces marines et d’impressionnants reptiles, parmi lesquels le pliosaure du cap de la Hève. Et, aujourd’hui, Sainte-Adresse et l’ensemble du littoral normand constituent de véritables réservoirs de fossiles !


Les éboulements peuvent encore mettre au jour de nouvelles découvertes. Ainsi, une nouvelle espèce de dinosaure carnivore, Caletodraco cottardi, a récemment été identifiée grâce à des ossements découverts au pied des falaises de Saint-Jouin-Bruneval, tout près du Clos Delamare


Voilà qui donne une autre dimension aux promenades sur notre littoral…



Le Loricatosaurus, vedette de la salle des fossiles


Le dinosaure présenté au Muséum est toutefois un autre spécimen : un Loricatosaurus. La reconstitution associe des os conservés au Havre et des reproductions réalisées à partir d’un autre exemplaire conservé à Londres. Le résultat permet de découvrir l’animal dans son ensemble et c’est bien instructif (et impressionnant !).


Dans cette salle, on établit aussi un lien très concret avec les animaux actuels : les oiseaux sont les descendants des dinosaures.


On se met alors à regarder autrement les poulettes de La Clozette, arrière-arrière-arrière-petites-filles d’on ne sait quel dinosaure…


Un musée qui procure aussi de véritables émotions esthétiques


Mais la réussite du Muséum ne tient pas seulement à ses contenus scientifiques. Le lieu est aussi très beau.


On est saisi dès l’entrée. Une grande girafe nous accueille en hauteur, comme si elle venait à notre rencontre. Mais le choc, c’est surtout dans le hall monumental : des squelettes suspendus, des installations évoquant le monde marin. Le squelette d’un dauphin et une immense baleine tissée occupent notamment l’espace avec beaucoup de force. Celle-ci appartient à un ensemble d’œuvres réalisées par des artistes et artisans australiens à partir de filets de pêche récupérés. 


Le monde marin, l’art contemporain, les savoir-faire traditionnels et les préoccupations environnementales dialoguent ainsi dès les premières minutes de la visite.


Et, dans toutes les salles, les objets scientifiques ne sont jamais simplement posés devant nous. Ils sont mis en valeur par les volumes, les couleurs, la lumière et les perspectives. La scénographie aide à comprendre, mais elle donne aussi envie de regarder.


N’attendez pas qu’il pleuve ! 


Pour conclure, le Muséum d’histoire naturelle du Havre n’est pas seulement un refuge à conserver pour un jour de pluie.

La visite est peut-être même plus agréable lorsqu’il fait beau et que les salles sont plus tranquilles.


À la sortie, on peut profiter de la place du Vieux-Marché, elle aussi entièrement réaménagée, et pourquoi pas y pique-niquer sous l’œil bienveillant de Monsieur Goéland.

La promenade peut ensuite se poursuivre dans les rues du Havre, à la recherche des œuvres d’Un Été au Havre.

Le Muséum devient alors le point de départ d’une véritable journée de découverte de la ville, entre sciences naturelles, art, architecture et promenade urbaine.