Perché à 140 mètres au-dessus du niveau de la mer, le phare du Cap d’Antifer s’ouvre enfin aux visiteurs ! Nous le connaissions déjà pour l’avoir approché lors des Journées du Patrimoine, mais au Clos Delamare, nous aimons conseiller nos hôtes en toute connaissance de cause. Alors, nous avons testé la visite proposée cette saison : vaut-elle la peine ?
Trois guides pour une visite exceptionnelle du phare d’Antifer
On a eu le privilège d’être accueillis par trois passionnés : Théo, stagiaire à l’Office de Tourisme, Jean-Pierre Rocher, et Alain Forjonel, fils d’un ancien gardien du phare, né ici même.
On a commencé par le rez-de-chaussée où se tiennent quatre expositions : Etretat mon paysage, une présentation sur les chauves-souris, un espace dédié à la lentille de Fresnel (invention d’Augustin Fresnel) et un espace historique consacré à la genèse de l’opération Biting. Toutes quatre sont fort intéressantes et disent beaucoup de notre territoire, entre nature et histoire. Mais on n’a pas pu tout regarder en détail – la faute à des échanges fort sympathiques avec nos trois cicérones.
La salle des machines : au cœur du fonctionnement du phare
On a commencé la visite par la salle des machines. Devant nous, un gigantesque groupe électrogène capable d’alimenter le phare et les maisons des gardiens, flanqué d’un plus petit, prévu pour alimenter le phare en cas de panne (et uniquement le phare tant pis pour les gardiens !). Longtemps, les gardiens ont enduré le vacarme, les vibrations et les fumées de cette énorme mécanique. Pour améliorer leur confort, on a ajouté des sortes d’amortisseurs sous la machine et remplacé par un vrai mur la baie vitrée qui séparait leur loge de la salle des machines.
En cas de brouillard, il fallait aussi déclencher la corne de brume. Les compresseurs et les énormes cuves d’air comprimé sont encore là. Aujourd’hui, tout ce dispositif est à l’arrêt : c’est dommage pour le folklore… mais bien pour la planète : deux secondes de sirène nécessitaient cent vingt secondes de compression !
Nos guides ont aussi attiré notre attention sur le radiophare, qui était capable de rendre bien des services.
Histoire et particularités du phare du Cap d’Antifer
Intarissables, ils ont poursuivi leurs explications : sur la Manche, tous les phares s’allument à la même heure. Mais la fréquence et la couleur des signaux lumineux varient selon la dangerosité de la côte : un langage que seuls les marins savent déchiffrer. Le phare d’Antifer, lui, envoie un éclat toutes les vingt secondes, visible jusqu’à cinquante kilomètres !
L’ascension vers la lentille de Fresnel
On s’est alors dirigé vers les marches. L’escalier en colimaçon est orné d’un décor inattendu : les murs ont été partiellement nettoyés pour une peinture qui n’est jamais venue… et laissent apparaître des traces de la ponceuse qui donnent une touche très contemporaine et originale au lieu.
Tout en haut, trône la majestueuse lentille de Fresnel : neuf cents kilos de verre flottant sur trois cents kilos de mercure. À côté, une lentille plus petite prenait le relais en cas de panne, avec une portée limitée à dix kilomètres.
Alain Forjonel a raconté que les gardiens nettoyaient les lentilles très tôt le matin car plus tard, avec le soleil et les reflets de la lumière, cela aurait été intenable. Ils astiquaient scrupuleusement le tout avec du brasso et des chiffons (plutôt des torchons, de très bonne qualité, achetés sur Fécamp). Et ce sont les femmes des gardiens qui lavaient les chiffons, moyennant des heures supplémentaires.
Il est fascinant de penser qu’il faut sept mètres de fondations et un édifice culminant à cent quarante mètres au-dessus de la mer pour porter une si petite ampoule !
Un panorama unique sur la Côte d’Albâtre
Le phare du Cap d’Antifer, reconstruit après-guerre, n’offre pas d’intérêt architectural particulier. Mais il vaut le détour, grâce aux explications techniques et humaines. Les guides sont passionnants et apportent beaucoup à cette visite. [Nous tenons à les remercier du fond du cœur car c’est leur engagement (bénévole !) qui rend le moment si chouette.] Et elle culmine avec un panorama exceptionnel à 360° : on s’est senti un peu, sinon maître du monde, du moins maître de la Côte d’Albâtre…
Tarifs, expositions et prochains événements au phare
Nous avons tant bavardé avec nos guides que nous reviendrons pour explorer les expositions plus en détail, en particulier Etretat, mon paysage qui met en valeur notre belle Côte d’Albâtre.
Enfin avant de repartir, nos guides nous ont recommandé de noter dès à présent les dates des 22 et 23 novembre : une conférence et une exposition retraceront l’histoire du phare (ou plutôt des phares…) à l’occasion de ses soixante-dix ans.
Nous tâcherons d’y être : le phare de notre village (un des trois de la Seine Maritime) mérite qu’on s’y intéresse !
A noter que l’entrée coûte 10 €, ce qui a dissuadé certains promeneurs passant là. Les habitants de la Poterie (les Potillais), les jeunes et les demandeurs d’emploi bénéficient d’un tarif réduit à 5 €. Nous proposons que la gratuité soit accordée à tous ceux-là et un tarif réduit à 5 € pour les autres visiteurs.
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